Fiche pannes

Peugeot 407 : les pannes à connaître

Mis à jour le 24 avril 2026
4
Motorisations couvertes
27
Références catalogue
14
FAP compatibles
7
Catalyseurs
6
Turbos (neuf + ES)

Produite de 2004 à 2010, la Peugeot 407 a succédé à la 406 sur le segment des grandes berlines familiales. Sa mécanique diesel est solide — 2.0 HDi majoritaire, 1.6 HDi en complément, 2.7 HDi V6 rare mais complexe —, son électronique moins bien notée, et sa valeur d’occasion aujourd’hui très basse.

La 407 est une voiture qui a mal vieilli commercialement : remplacée par la 508 en 2010, elle est devenue une occasion décotée dans le marché actuel. Son gros avantage reste son confort routier et sa mécanique diesel éprouvée. Son désavantage majeur est la cascade de petites pannes qui rattrape son prix d’achat bas.

La Peugeot 407 en bref

La 407 (2004-2010, code 6D pour berline, 6E pour SW) a été lancée avec le style Peugeot de l’époque (gueule béante, ligne tendue). Plateforme PF3, partagée avec la Citroën C5 II et la Peugeot 607. Trois carrosseries principales : berline 4 portes, break SW plus spacieux, coupé 2 portes (finition sportive) commercialisé jusqu’en 2011.

Les motorisations diesel dominent : 1.6 HDi 110 ch (DV6) pour l’entrée, 2.0 HDi en 136 puis 140 et 163 ch (DW10BTED4), et le V6 2.7 HDi 204 ch (DT17, co-développé avec Ford pour Jaguar et Land Rover). Essences : 1.8, 2.0, 2.2 et 3.0 V6 essence moins vendues.

La fiabilité globale est hétérogène :

  • Mécanique diesel (surtout 2.0 HDi) correcte à bonne
  • Électronique avec défauts Peugeot de l’époque (BSI, capteurs)
  • Suspension avant aux rotules fragiles (gros reproche)
  • Intérieur qui vieillit moyen (plastiques, ciel de toit)

Le parc d’occasion en 2026 est très étalé : de 1 500 € pour un exemplaire fatigué à 4 500 € pour un SW récent (2009-2010) avec entretien. Beaucoup de kilomètres au compteur (200 000-300 000 km courants), quelques exemplaires à 100 000 km pour petits rouleurs.

Les pannes moteur les plus fréquentes

Le 2.0 HDi (DW10, 12 refs = motorisation phare de la 407) est le bloc sérieux de la gamme. Versions HDi 136 ch (DW10BTED4, phase I) puis 140 et 163 ch (DW10CTED4, DW10BTED4Y) sur phase II. Bloc éprouvé qui peut atteindre 300 000 km. Voir la fiche 2.0 HDi.

Problèmes à surveiller sur 2.0 HDi 407 :

  • Turbo Garrett à géométrie variable : fuite d’huile possible après 200 000 km, échange standard 450-700 €.
  • Courroie de distribution à changer tous les 160 000 km ou 6 ans.
  • Pompe de gavage qui lâche vers 180 000 km.
  • Vanne EGR encrassée progressivement, nettoyage 100-200 € à 100 000-120 000 km.

Le 1.6 HDi (DV6, 8 refs) équipe les versions d’entrée de gamme de la 407. Les faiblesses connues du DV6 se retrouvent : turbo fragile, FAP sensible à l’usage urbain, injecteurs piezo à surveiller. Voir la fiche 1.6 HDi.

Le 2.7 HDi V6 (DT17, 2 refs) est la motorisation complexe. Bloc V6 développé conjointement avec Ford et monté sur Jaguar S-Type, XJ, Land Rover Discovery 3. Sur 407, il offre un agrément supérieur mais une facture d’entretien élevée :

  • Injecteurs Piezo Delphi/Siemens : 280-450 € par unité, 6 injecteurs.
  • Turbos double (bi-turbo) : remplacement d’une cartouche 700-1 000 €.
  • Ligne d’échappement fragile sur V6, partiel ou complet à 180 000 km.
  • Chaîne de distribution longue (V6 compact), intervention complexe 2 000-3 000 € en cas de problème.

Les essences (1.8 L, 2.0 L, 2.2 L, 3.0 V6 atmo) sont plus simples mais peu représentées en occasion actuelle, marché très limité.

Pannes de dépollution : le point sensible

Sur 407 HDi (tous modèles avec FAP d’origine, post-2005 principalement), le FAP additivé avec cérine Eolys demande une recharge tous les 120 000 à 180 000 km. Sur ce modèle vieillissant, beaucoup d’occasions n’ont jamais eu leur additif rechargé — conséquence directe : FAP en fin de vie.

Le 2.0 HDi 407 est globalement tolérant sur le FAP grâce à la cylindrée, mais les versions 1.6 HDi et 2.7 HDi sont plus sensibles. Voir le choix nettoyer ou changer le FAP.

La vanne EGR sur 2.0 HDi 407 est plus tolérante que sur 1.6 HDi : nettoyage tous les 100 000-120 000 km suffit. Sur 1.6 HDi, intervention dès 80 000 km parfois. Voir la vanne EGR.

Le catalyseur est fiable sur tous les blocs 407 sauf sur 2.7 V6 où il fait partie d’une ligne d’échappement plus fragile globalement.

Pannes mécaniques hors moteur

Le gros reproche mécanique historique sur 407 : la suspension avant (train multibras) avec ses rotules fragiles. Elles cassent régulièrement vers 80 000-120 000 km, avec bruits parasites dans les trous puis claquements secs. Remplacement complet train AV : 400-700 € pièces + 3-4 h main-d’œuvre. Sur une 407 à 200 000 km, il est rare qu’elles n’aient pas été changées au moins une fois.

La boîte manuelle BE4 (1.6 HDi) et ML5/ML6 (2.0 HDi) est fiable. Le récepteur d’embrayage fuit vers 150 000-180 000 km.

La boîte automatique AL4 (4 rapports, sur 1.6 HDi et 2.0 HDi 136) est le point faible de la 407 : convertisseur fragile, à-coups, puis panne complète à 150 000-200 000 km sans entretien du fluide. Remplacement boîte complète 1 500-2 500 € en échange standard. À éviter en occasion sauf véhicule à prix dérisoire et historique de révisions.

La boîte automatique AM6 (6 rapports, sur 2.7 HDi V6) est plus sérieuse mais coûte aussi plus cher en cas de problème.

Les biellettes antiroulis cassent à 80 000-100 000 km (50-100 € la paire), les amortisseurs à remplacer vers 150 000 km (200-400 € ensemble).

Pannes électroniques et équipement

La 407 partage avec la Peugeot 307 certaines faiblesses PSA de l’époque :

  • BSI (Boîtier de Servitude Intelligent) : mises en défaut aléatoires, feux qui clignotent seuls, verrouillage centralisé erratique. Réinitialisation 50-100 €, remplacement 400-700 € avec codage.
  • Calculateur moteur : rare mais existe sur 1.6 HDi à kilométrage très élevé.
  • Capteur de pédale d’embrayage ou de frein qui lâche : moteur qui refuse de démarrer. 30-80 € pièce, diagnostic parfois long.
  • Alternateur qui lâche vers 180 000-220 000 km (250-400 €).
  • Démarreur fatigué vers 200 000 km sur 2.0 HDi, 180-280 € remplacement.

Les lève-vitres électriques sur 407 coupé ont des régulateurs fragiles qui cassent à 150 000 km. Sur SW, les coffres motorisés peuvent devenir erratiques.

Avis d’achat d’occasion

Règles pour une 407 d’occasion :

  • Privilégier le 2.0 HDi 140 ch phase II (post-2008) : bloc robuste, FAP catalysé sur séries tardives, pas d’AL4 en finition standard.
  • Sur HDi : exiger la facture de recharge d’additif Eolys. Absence = FAP à prévoir.
  • Éviter la boîte automatique AL4 (BVA sur 1.6 HDi et 2.0 HDi 136) sauf historique complet d’entretien fluide.
  • Éviter le 2.7 V6 HDi sans historique d’entretien atelier spécialisé Jaguar/Peugeot Premium — les coûts d’intervention sur injecteurs Piezo et turbos double sont dissuasifs.
  • Sous le véhicule : contrôler l’état des rotules de suspension avant, des ressorts et des amortisseurs. Vérifier absence de fuites boîte et moteur.
  • BSI test : allumer tous les consommateurs électriques en observant l’instrumentation. Anomalies = problèmes à venir.
  • Essai routier d’au moins 30 minutes dont 20 minutes autoroute, pour valider la régénération FAP en conditions réelles.

Une 407 SW 2.0 HDi 140 ch phase II à 200 000 km avec entretien suivi reste une routière confortable pour très petit budget en 2026. Une 407 2.7 V6 HDi à prix dérisoire est un piège : les 3 000 € économisés à l’achat se dépensent en 6 mois de réparations sur les premiers kilomètres.