Fiche pannes

Peugeot 308 : les pannes à connaître

Mis à jour le 24 avril 2026
11
Motorisations couvertes
71
Références catalogue
24
FAP compatibles
17
Catalyseurs
30
Turbos (neuf + ES)

Produite de 2007 à 2021 sur deux générations majeures, la Peugeot 308 couvre un spectre très large de motorisations diesel et essence. Sa fiabilité globale est correcte à bonne sur la deuxième génération, plus aléatoire sur la première selon les blocs et l’usage.

La 308 occupe une place singulière dans la gamme Peugeot : c’est le modèle qui a transformé l’image de la marque au milieu des années 2010, avec une deuxième génération très bien accueillie par la presse et le marché. En occasion, son parc reste vaste mais dispersé entre plusieurs motorisations qui n’ont pas la même fiabilité. La comprendre avant achat évite les mauvaises surprises.

La Peugeot 308 en bref

La première génération (T7, 2007-2013) est sortie en berline 5 portes, SW (break) et CC (cabriolet coupé). Elle reprend la plateforme de la 307 avec une carrosserie plus statutaire. Son point faible était son design polarisant et une fiabilité moyenne sur les HDi d’avant facelift. Le lifting de 2011 a corrigé une partie des défauts électroniques.

La deuxième génération (T9 ou 308 II, codes LB/LP/LW/LH/L3, 2013-2021) change de dimension : plateforme EMP2 plus légère, intérieur repensé, i-Cockpit avec petit volant. La presse européenne l’a désignée Voiture de l’Année 2014. Elle se décline en berline 5 portes et SW uniquement, sans CC. Le restyling de 2017 introduit les motorisations BlueHDi avec AdBlue pour satisfaire Euro 6.2.

Les volumes sur le parc français penchent largement vers la phase II diesel, dont le gros des ventes s’est fait en 1.6 HDi et 1.6 BlueHDi pour les particuliers, et 2.0 HDi / BlueHDi pour les flottes professionnelles.

Sur la fiabilité globale, la 308 se situe au-dessus de la moyenne du segment compact en phase II, dans la moyenne basse sur les premières années de phase I. Les problèmes récurrents tiennent plus aux motorisations elles-mêmes qu’à la plateforme ou à l’électronique embarquée, qui s’est stabilisée.

Les pannes moteur les plus fréquentes

Le 1.6 HDi (bloc DV6 dans ses multiples évolutions) est la motorisation la plus répandue sur le parc 308. Ses points sensibles : turbo géométrie variable grippé à partir de 160 000 km, FAP sensible en usage urbain, injecteurs à remplacer vers 200 000 km si la pompe haute pression lâche avant et contamine la ligne. Sur la phase I, l’échangeur thermique en aluminium pouvait se perforer et contaminer l’huile. Voir la fiche motorisation 1.6 HDi pour les détails techniques.

Le 2.0 HDi (DW10, puis DW10F pour les BlueHDi) est plus robuste. Bloc éprouvé sur grande routière, la fiabilité mécanique est bonne si l’entretien est suivi. Les pannes remontent surtout à 200 000 km et plus : turbo à tendance fuite d’huile, vanne EGR encrassée, pompe de gavage HS. La 2.0 HDi est celle à privilégier pour un usage gros rouleur.

Le 1.2 THP (EB2 puis EB2DT) de la phase II est l’essence la plus vendue en 308. Bloc 3 cylindres turbo moderne, agréable, mais avec un point faible documenté : la courroie de distribution immergée dans l’huile, dite “courroie à bain”, qui se dégrade prématurément sur certaines séries avant 100 000 km. Intervention obligatoire à 100 000-120 000 km maximum pour éviter la casse. Compter 800 à 1 500 € pour cette seule opération.

Le 1.6 THP (EP6, développé en partenariat avec BMW) équipe la phase I et quelques GT phase II. Fiabilité historique moyenne : chaîne de distribution qui se détend, pompe haute pression électrique fragile, consommation d’huile parfois excessive. Les séries plus récentes ont corrigé une partie de ces défauts, mais prudence en occasion.

Le 1.5 BlueHDi des dernières phase II est trop récent pour avoir un historique consolidé sur 200 000 km. Retours positifs à ce stade.

Pannes de dépollution : le point sensible

C’est le chapitre qui génère le plus de passages en atelier. Sur les 1.6 HDi et 2.0 HDi des phases I et II d’avant 2017, l’additif FAP Eolys (cérine) doit être rechargé tous les 120 000 à 180 000 km — une recharge oubliée conduit au colmatage du filtre, même sur un usage mixte. Compter 150 à 300 € pour cette opération en atelier équipé.

Sur les BlueHDi (phase II restylée à partir de 2017), l’AdBlue remplace progressivement l’additif Eolys. Le système SCR avec son injecteur AdBlue est plus moderne mais introduit ses propres pannes : injecteur cristallisé, capteur NOx défaillant. Compter 400 à 800 € par intervention.

La vanne EGR est un autre sujet récurrent, en particulier sur les 1.6 HDi à kilométrage élevé. Nettoyage possible entre 100 et 250 € si le clapet n’est pas grippé, remplacement entre 300 et 700 € sinon. Voir la vanne EGR pour le diagnostic complet.

Enfin, la durée de vie d’un FAP sur une 308 varie énormément selon l’usage. Sur une phase II 1.6 BlueHDi à usage autoroutier, 250 000 km sans remplacement sont courants. Sur une phase I 1.6 HDi citadine, le FAP peut lâcher dès 100 000 km. Voir la durée de vie d’un FAP pour un panorama détaillé.

Pannes mécaniques hors moteur

La boîte manuelle 5 ou 6 rapports de la 308 est fiable dans les deux générations. Les retours de panne concernent surtout le cylindre récepteur d’embrayage hydraulique, qui fuit autour de 150 000 km. Remplacement compris entre 150 et 400 € pose incluse selon le modèle.

La boîte automatique EAT6 (Aisin, 6 rapports) équipe la phase II à partir de 2014. Fiabilité très correcte, avec un entretien à respecter : vidange du pont à 60 000-80 000 km malgré le “sans entretien” annoncé à l’origine. La EAT8 plus récente (à partir de 2017) a reçu quelques retours de vibrations à basse vitesse, sans conséquence mécanique documentée.

Côté liaison au sol, les biellettes de barre anti-roulis cassent vers 100 000-130 000 km, bruits parasites caractéristiques dans les trous. Remplacement simple et bon marché (50-120 € la paire). Les amortisseurs tiennent mieux que sur la 307.

La direction assistée électrique de la phase I a eu quelques retours de capteurs d’angle défaillants, corrigés sur la phase II.

Pannes électroniques et équipement

La phase I a connu des problèmes récurrents sur les calculateurs BSI (Boîtier de Servitude Intelligent), qui pouvaient se mettre en défaut et bloquer le démarrage. Réinitialisation possible en atelier, remplacement à 400-700 € si persistant.

Sur la phase II, les pannes électroniques typiques sont plus anecdotiques : écran multimédia qui se fige ponctuellement (mise à jour logicielle), capteur de pluie parfois erratique, capteurs de parking à remplacer à 150 000 km sur certains exemplaires.

L’i-Cockpit de phase II avec instrumentation numérique en option peut présenter des bugs d’affichage sur les premières années, majoritairement résolus par les mises à jour logicielles en concession.

Avis d’achat d’occasion

Quelques règles pour limiter les risques sur une 308 d’occasion :

  • Privilégier la phase II (2013+) sur la phase I sauf pour un budget très serré et une motorisation 2.0 HDi connue pour tenir.
  • Sur HDi d’avant 2017 : exiger la facture de recharge de l’additif Eolys. Un véhicule à plus de 150 000 km sans trace de recharge est un FAP à remplacer à court terme (600 à 1 500 €).
  • Sur 1.2 THP PureTech : vérifier l’historique de la courroie de distribution. Si elle n’a pas été changée à 100 000-120 000 km, intégrer les 800-1 500 € au prix d’achat.
  • Sur BlueHDi : diagnostic OBD obligatoire pour lire les codes liés au SCR et à l’AdBlue. Un historique de remplacement d’injecteur AdBlue signale une ligne fragile.
  • Tous modèles : contrôle technique récent sans contre-visite pollution, historique d’entretien chez le constructeur ou centre spécialisé, pas de reprogrammation moteur visible.

Un véhicule bien entretenu, avec 2 révisions par an ou tous les 15 000 km maximum, peut passer sereinement 250 000 km en 2.0 HDi et 180 000 à 200 000 km en 1.6 HDi. Au-delà, le coût des pièces d’usure fortes (FAP, turbo, injecteurs) rattrape vite la valeur résiduelle du véhicule.